-Elle ne levait pas les yeux. Elle portait une robe d'été très décolletée, on voyait la naissance des seins, glorieux. Mais elle ne levait pas les yeux. Je ne pensais pas que ce serait possible de l'avoir.
-Ce fut facile?
-Une femme, dit Jean-Marc, ce n'est jamais facile de l'avoir. Il faut être rusé.
-C'est comme pour écrire un livre, dit Duc. Il faut être obstiné et rusé.
-Pour toi, est-ce facile?
-Ni les livres, ni les femmes. Mais à mon âge et à cause des romans que j'ai écrits, le jeu se joue autrement. Elles savent que je connais leurs ruses et elles connaissent les miennes. Nous perdons moins de temps.
Roger Vailland, La fête



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